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"LE GANG DES TROIS NEZ TOUT BAS" 5 Allan Tom Trau

Mad'Mozelle : Un incendie a éclaté dans mes os. Je mesure désespérément l'intensité de la douleur, la paume des mains à quelques centimètres du fer à repasser. Je me tourne alors vers lui, les yeux dans les yeux, j'inverse la courbe du désir pour n'être plus "ni poids ni contour".

Le Garçon Chewing-Gum : Elle gare la voiture sur le trottoir. Il en sort rapidement, file acheter du shit.E-

nervement palpable dans la cité. Il attendra plus haut. Rondes de police. Le son est coupé. Quelques secondes plus tard, les voilà repartis vers le centre. Il cache la boulette dans son caleçon. "Faut vrai-ment avoir envie de venir la chercher là, - je te raccompagne chez toi? Créneau devant la porte d'ent-rée,juste en dessous des fenêtres de l'appartement. Les yeux dans les yeux, "de cette manière là", sous le tissu souple du jean, j'explore fidèlement, mot à mot, ce que tes doigts réveillent.

Le sémillant : Couverte de chair calcaire, elle s'aventure dans la forêt environnante, la tête enturbannée d'un foulard de soie blanche... Fiévreuse, les lèvres tremblantes, elle espère un verre d'eau, puis assise sur son lit de mousse, les pieds bandés dans un long fleurage d'éclats de verre aussi gais que des nains plongés dans un corps à corps friable...

ATT : Sous le tir horizontal des festins courent les riches filons du discours subversif. Un soleil glorieux

coiffe les quatre angles de ma prairie, - sans  que je ne connaisse rien d'autre que ton cœur toquant à ma porte, j'avoue qu'au chant du pipeau je me relève du tombeau comme on se retire d'une femme.

Le Tapineur Austère : Cambrée, jambes écartées, mains menottées derrière le dos, à la lisière des fesses, elle retient sa respiration. Son sourire énigmatique fixe l'attention des planètes, leur ordonne de s'acclimater à son silence. Puis elle s'empare de son sexe furieux, tranchant, et se faufile dans une zone de dévastation primale, saturée de rayons gamma générés par le frottement des chairs.

Mad'Mozelle : Juillet, le premier matin. Côte à côte en direction de la Centrale, l’œil baigné dans les eaux vertes. L'image utilisée décrit des volets rabattus, plaqués vigoureusement contre la façade.

Déjeuner chez L. qui relève ironiquement : - L'araignée de veau a mauvaise haleine.

Le Tapotin Eulenburg : Armé du principe grégaire des utilités, le temps témoin de ma naissance et de ma mort monte à cru lors des foires de Mai.

Malheureusement dépecé par le syndicat de la Roue Libre, il sollicite l'arrêt des transfusions, le rachat

des indulgences, et la main sur le cœur prête serment par ces mots : "De la servir toujours, comme jadis je lui donnai mes jours ".

Pourquoi s'insurger de cette présence jusque dans mes propres rêves?

Quelle est cette chose dans mon corps, mon cerveau qui guide mes intentions?

Quand on éprouve les causes du mal, alors le coeur, dans un élan sincère de reconnaissance livre à l'assemblée des connectés sa fidélité absolue.

Mad'Mozelle : Les portes claquent. Cris sous la douche. Les peaux frottées, rafraichies, séchées sur

les terrasses des gratte-ciels.

Langues gourmandes, bouches enflammées derrière les vitres-miroirs. J'avale pluies, villes, fleuves, gorges, rapides, ruisselant de plaisir.

Le Tapineur Austère : Ils répèteront selon la pure tradition des gueules cassées, le putsch de la secte des verrues plantaires et des recettes de grand-mères lors de l'indépendance des poëllées mosellanes.

- Coquilles de noix sur les yeux, nous en faisons le serment, - nous troquerons sans pudeur notre soutane contre une culotte de golf.

ATT : Sarcle la Jungle des artères jusqu'au chemin qui mène à l'Origine-Monde. Mon jus à l'abandon dans la mare blanche du lait de la chamelle des dunes. Langue - Feuille d'Automne - Coude - Double

Gueule ouverte, et sous sa combinaison d'insecte, un sombre torrent m'embarque dans la patrie des drapeaux.

Le Sémillant : Natural Report - HOWL d'ALLEN GINSBERG. Monde hostile, mais toujours monde du dedans. Narines lunaires. Beauté aveugle du trou du monde. La gardienne de la Porte des Anciens chu

te des étoiles comme la rosée des matins. Ceinte d'une joie borgne, elle clignote ses clins d’œil à la matrice originelle, parodie le lieu de l'ici et maintenant à de tremblants débris de bouche.

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